Le cerveau construit et utilise des cartes d’interactions sociales et de l’espace physique avec le même processus

Même en ces jours de distanciation sociale, nous gardons en tête une carte de nos relations avec les autres: famille, amis, collègues et leurs rapports les uns aux autres.

Une nouvelle étude du Center for Mind and Brain de l’Université de Californie à Davis démontre que nous somme capables d’assembler des “cartes sociales” de la même manière que nous assemblerions des cartes de lieux et des choses physiques.

Des recherches ont démontré que les animaux se déplacent à l’aide d’une représentation spatiale du monde extérieur dans leur cerveau.

Qu’il s’agisse de rats de laboratoire testés dans un labyrinthe ou de personnes découvrant une nouvelle ville, le cerveau construit cette carte interne en morceaux puis les assemblent.

L’université a poursuivi ses recherches en se demandant si nos cerveaux représentaient des relations abstraites, comme les réseaux sociaux, de la même manière.

L’étude a rassemblé des volontaires en leur fournissant des informations sur deux groupes de personnes se distinguant par leur compétence relative perçue et leur popularité.

Les volontaires mis au courant que des relations sur une dimension entre deux personnes qui différaient d’un niveau de rang à la fois: par exemple, que Edouard est plus populaire que Maxime, mais que Anaïs est considérée comme étant plus compétente que Maria.

Même la hiérarchie sociale pourrait être cartographiée comme une grille bidimensionnelle définie par des dimensions de compétence et de popularité, mais cela reste encore à prouver.

Les volontaires ont ensuite été interrogés sur les relations entre les nouveaux couples de personnes dans la grille, tandis que les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour mesurer l’activité cérébrale.

Sans y être invité et en se basant uniquement sur des comparaisons par paires, les volontaires ont organisé les informations dans une grille bidimensionnelle dans leur cerveau. Cette carte bidimensionnelle était présente dans trois régions du cerveau appelées l’hippocampe, le cortex entorhinal et le cortex orbitofrontal médial.

Sur la base de comparaisons limitées entre les deux groupes, ils ont également pu généraliser au reste du groupe. Par exemple, si Michelle du groupe 1 était plus populaire que John du groupe 2, cela affectait le rang des autres membres du groupe 2 par rapport au groupe 1.

L’étude met en évidence un principe général derrière la façon dont nous prenons des décisions basées sur l’expérience passée. Que nous nous souvenions d’un itinéraire dans le monde physique ou que nous découvrions un ensemble d’amis et de connaissances, nous commençons avec un modèle, tel qu’une topologie 2D, et quelques points de repère, et nous adaptons de nouvelles données autour d’eux.

«Nos résultats montrent que notre cerveau organise les connaissances acquises à partir d’expériences séparées sous une forme structurelle comme une carte, ce qui nous permet d’utiliser les expériences passées pour prendre une nouvelle décision», a déclaré un chercheur en charge de l’étude.

Cela nous permet de nous adapter rapidement à une nouvelle situation basée sur l’expérience passée. Cela peut aider à expliquer la remarquable flexibilité des humains dans la généralisation des expériences d’une tâche à une autre, un défi majeur dans la recherche en intelligence artificielle.

“Nous en savons beaucoup sur la façon dont les neurones codent pour représenter l’espace physique”, a déclaré un scientifique en charge de l’étude. “Il semble que le cerveau humain utilise les mêmes codes pour organiser également des informations abstraites et non spatiales.”

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